Après avoir voyagé 10 mois en Asie, j’ai terminé l’année 2011 par un voyage en France. Je m’étais effectivement gardé le plus grand choc culturel de l’année : fêter Noël dans la belle-famille
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C’était la première fois que je retournais en France depuis que j’y ai habité de 2004 à 2008.
Pour vous mettre en contexte, je dois préciser que je viens de la ville, et que ma belle-famille habite un petit village d’une vingtaine de maisons. Mais le choc vient surtout du fait que Noël au Québec dans ma famille est différent de celui en France dans ma belle-famille.
La musique de noël
Québec: Noël, chez moi, c’est beaucoup de musique de Noël. Ma mère possède même un CD qui contient 12 versions de l’Ave Maria. De la voiture au centre d’achat, tout n’est que musique de Noël. Minuit Chrétien, L’enfant au tambour, Jingle bell, Mon beau sapin… Ça pose l’ambiance certes, mais pour danser, on oublie.
Peuple, à genoux…attends ta délivraaaaaance!
Ma mère ne veut rien entendre d’autre que du rapapampam dans ses oreilles. Bien sur, on la supplie chaque année pour qu’elle change de musique. Ce qu’elle refuse, évidemment. Le jour où elle acceptera, ça me fera un pincement au cœur, je crois.
France: Dans ma belle-famille, point de musique de noël. Cette année on a eu droit à la zumba. Parfait pour danser, je vous l’accorde. Mais un peu ambiance gym. Remarquez qu’avec tout le foie gras qu’on mange, c’est pas plus mal
Le sapin
Québec: Noël, chez moi, c’est un sapin. Un *&?%$ de gros sapin qui touche le plafond. On l’achète vers le 20 décembre, on se réunis et on débouche un bon vin acheté à la SAQ. Puis, on décore le sapin avec la collection de boules de noël internationales de ma mère. She is that commited.
France: Pas de moment solennel pour faire le sapin, qui est un petit machin en plastique qui tient sur le coin du meuble à télé. Remarquez que ça n’empêche pas l’étape du verre de vin.

Le choix du sapin est une étape cruciale. Quels critères privilégier? Il doit être vraiment trop grand et trop large. Si vous avez sacré au moins 5 fois en le rentrant dans la voiture puis l'appartement, c'est que vous avez bien choisi
L’apéro
Québec: On n’utilise pas vraiment le mot apéro pour marquer le moment. Disons qu’en commençant la soirée vers 18 h, on boit une bière ou un verre de vin avec des légumes crus et de la trempette. Depuis quelques années, les hors-d’œuvre se sont sophistiqués et le classique de ma mère c’est un brie au four avec des canneberges et des pignons.
France: Vers 20 h le soir du réveillon, on attaque l’apéro. C’est comme ça qu’on dit ici et croyez-moi, ce n’est pas pour rien. Les femmes sont au Kir et les hommes au Ricard. Les hommes resteront près de la table avec les bouteilles et les femmes danseront, où seront occupées à surveiller la bouffe ou les enfants. Comme hors d’œuvres, les in-laws ne jurent que par les verrines, depuis peu.
Les cadeaux
Québec: Le 24, on ouvre les cadeaux après le repas. On est peu nombreux dans ma famille alors on se les donne lentement. On regarde chaque personne déballer puis ouvrir la boîte. Si c’est un bijou, ma sœur l’essaie, si c’est un livre, on lit la quatrième de couverture. Il n’y a plus d’enfant alors c’est un moment excitant, mais somme toute très zen.
France: Vers 21 h le 24, les gamins sont si excités qu’on tente de les calmer avec les cadeaux. Étrangement, cela les excite davantage. Chaque cadeau est classé en fonction de la personne à qui ils sont destinés. Cela permet d’optimiser le temps de déballage. Les enfants se jettent dans le tas, s’ensuit une séance de déballage frénétique.
le repas
Québec: Après un bon repas avec ma famille proche le 24, on se rend généralement le lendemain chez mes oncles et tantes. Le repas consiste systématiquement en un buffet qu’on mange avec son assiette sur les jambes. Les chaises sont disposées en cercle, question d’optimiser le moment où on enchainera sur les jeux, une fois la dernière bouchée avalée.
France: La semaine avant le réveillon, on ne parle que d’une chose : le menu. Tout est planifié, réfléchi, acheté et cuisiné. Noël ne sera Noël que si le repas est réussi. Le jour du réveillon, mon beau-père se rend dans sa cave à vin et choisit minutieusement les bouteilles qui accompagneront le repas. Il revient avec des bouteilles à l’étiquette vieillie. Chaque bouteille a une histoire.
On peu ensuite passer à table, le moment de grâce de la soirée.
• Entrée de foie gras, mâche, magret de canard, saumon fumé
• Plateau de fruit de mer: crabe, crevette et huitre
• Trou normand (eau de vie et sorbet pour faire digérer)
• Les estomacs solides prendront de la caille farcie au foie gras ou des cassolettes d’écrevisses. (Les autres en profiteront au repas du midi du 25)
• viennent ensuite le fromage, les truffes, etc.
Quand j’habitais en France, il m’arrivait de m’ennuyer de l’ambiance de Noël de chez moi avec les décorations, le sapin, les cadeaux donnés dans le calme et parfois même de la musique de ma mère. Après tout, je n’ai pas fêté Noël au Québec pendant 5 ans de suite.
Mais cette année, je savais que j’allais retrouver tout ça à mon retour à Montréal. J’ai donc pu me délecter de mon foie gras et de mon verre de champagne… 3 repas de suite sans jamais me lasser.
Le Noël parfait? Un mélange des deux. Le sapin de ma mère, le repas de mes belles-sœurs, le vin de mon beau-père, les cadeaux de mes sœurs. Pour la musique, je me contenterai de Frank Sinatra et d’un seul Ave Maria.
Sur ce, je vous souhaite une belle année 2012 remplie de voyages.





