L’art d’aller au cinéma

Scène 1- Intérieur-Nuit-Salle de cinéma

Les protagonistes sont dans une salle de cinéma de répertoire. Le film n’a pas encore commencé, les lumières sont alumées.

Voix off:

Il est plutôt rare que les salles de cinéma où sont projetés les films de répertoire soient remplies. En général, on compte une dizaine de personnes. Le théâtre a été construit il y a plusieurs années. Ce qui signifie que les sièges sont vieux et surtout la pente du parterre est très légère. Traduction: une personne s’asseyant juste devant  peut cacher l’écran. Mais il existe une règle tacite qui veut que, comme on n’est que 10 dans la grande salle, on ne se mette pas directement devant. On laisse au moins une rangée entre. La Loi de Murphy veut toutefois qu’au moment même où les lumière s’éteignent et que le générique du film commence, un couple -où même la fille est grande- fasse irruption dans la salle et se mette devant soi.

Scène 2-Intérieur-Nuit-Salle de cinéma

Pendant la présentation du film. Les protagonistes ont changé de place pour contrer le couple qui s’est posé devant. Ils se mettent directement devant ce même couple. Vendetta.

Voix off:

Dans les salles de répertoire, le spectateur ne parle pas pendant le film. Ni à son cellulaire, ni aux amis. Pas besoin de surround sound dans le tapis pour camoufler le bruit de natchos croqués, de sac de popcorn et de hot dog et autres. Le spectateur de salle de répertoire ne mange pas pendant le film.

Scène 3-Intérieur-Nuit-Salle de cinéma

Générique de fin de film. Les protagonistes, au milieu du parterre entre deux couples, attendent qu’un d’entre eux sorte pour pouvoir se lever.

Voix off:

Dans les salles de répertoire, le spectateur lit le générique. Jusqu’au bout. Je veux bien lire le début mais rendu aux électriciens et coiffeuses je me demande qui porte encore attention. Surtout quand le générique n’est ni en français, ni en anglais. Je veux bien comprendre que certains s’y intéressent, mais pourquoi dès qu’une personne se lève, c’est comme un cue, toutes les autres se cassent.

Générique

Scénario: Annabelle Blais

Écran noir

Fin

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