C’est peut-être le manque de sommeil, l’accumulation de l’intensité indienne, mes tympans qui saignaient ou la vis du siège qui venait de me rentrer dans la cuisse, mais j’ai craqué. Je n’étais pas arrivé au Népal depuis 10 heures que déjà, je l’insultais. « Pays de &%$##! ».
Heureusement, en arrivant à Katmandou, la tension est tombée. J’ai découvert avec joie ces petites rues, ces boutiques, ces restaurants, sa nourriture et le délicieux fromage au lait de yak. Je mange à nouveau à ma faim et, attention, j’ai même commencé à m’informer pour un Trek (le Népal est après tout la mecque des randonneurs).
Je ne vais pas vous mentir, je ne sais pas si j’ai la trempe d’une «trekkeuse». Je n’ai jamais vraiment fait de montagne et j’ai toujours soupçonné les trekkeurs de surjouer leur bonheur de marcher huit heures par jour pendant deux semaines dans une montagne enneigée, sans personne d’autre que le guide avec qui parler, et en se lavant sommairement.
Un peu comme les maniaques de cinéma avec qui j’étudiais à l’UQAM qui, après avoir regardé un film de 15 heures en noir et blanc, en allemand, sans sous-titre, déclaraient tout en tirant une énorme bouffée de leur clope roulée, « ouais, c’était plutôt pas mal… ».
Mais comme j’ai fini par aimer le cinéma expressionniste allemand des années 20, peut-être qu’une fois en montagne je serai touchée d’une illumination divine. Et si c’est l’horreur et que je craque, je sors la caméra. Promis.






