Je reviens tout juste d’un trek de quelques jours qui m’a fait voir plusieurs villages népalais. Un vidéo, que je mettrai en ligne sous peu, traitera de l’aspect physique de la chose (pour mon premier long trek, j’avais quelques appréhensions)
Mais déjà, ce que je retiens de l’expérience c’est qu’elle m’a permis de voir les conditions de vie des villageois, qui n’ont rien à voir avec les villes de Katmandou et de Pokhara où j’étais dans une bulle touristique confortable.
Dans les villages montagneux dans la région de Pokhara, j’ai pu constater que les gens vivent pratiquement sans électricité et sans eau courante. Certains villages reculés n’ont eu accès à l’électricité que l’année dernière…pour 3-4 heures par jour. Ainsi, toute la cuisine se fait au feu de bois. Et c’est ce qui m’a amenée à la réflexion suivante : les femmes se sont vraiment fait avoir dans la division des tâches.
Je m’explique. En plus de s’occuper des enfants, des animaux, des tâches ménagères et de la cuisine, les femmes ont la responsabilité d’aller chercher l’eau et le bois. Elles doivent marcher entre 30 minutes et une heure pour aller chercher l’eau avec des jarres de quelques 30 kilos… et en montagne, j’insiste!
Même chose pour le bois. Oubliez l’image du bucheron-homme-pourvoyeur-barbe-pas-rasé. Ici c’est la femme haute comme trois pommes, grosse comme un pou, en gougounes (tongs) et en robe qui se lève à 4 heures du matin pour ramener le bois afin de cuisiner le petit dej avant le réveil de monsieur. Et je ne vous parle pas d’un tas de brindilles. Je parle de grosses branches d’arbres. Je parle de 30 kilos de buches charriés sur le dos des femmes deux à trois fois par jour à raison de 3 fois semaines.
J’ai croisé deux femmes qui prenaient une pause, une fois leurs branches rassemblées en paquet. J’en ai profité pour essayer de lever leur fagot avec mes bras. Rien ne bougeait. J’ai utilisé leur technique de le mettre sur le dos en le reliant avec une corde sur le front. Avec l’aide de la jeune fille, j’ai réussi à me lever et faire quelques pas. J’hallucinais. C’est très lourd.Plus tard dans la journée (quand le soleil tape bien fort), j’ai croisé un homme qui fumait, assis sur un tas de gravier. Puis, quatre femmes sont descendues de la montagne avec quatre sacs vides. L’homme a rempli leurs sacs de gravier et elles sont remontées. 40 kilos de roches sur le dos en pleine montée. Tout en les suivant, je souffrais pour elles. Arrivée en haut en sueur, j’ai regardé tout en bas. L’homme était retourné à sa clope, assis sur son tas de gravier.
Le choc culturel, ce n’est pas uniquement de manger des trucs bizarres et de ne rien comprendre d’une langue. C’est aussi ce genre de moment où l’on est estomaqué, surpris, voire choqué et où on essaie de ne pas juger. Et à voir les femmes travailler dans les villages népalais… je dois dire que ça me dépasse complètement!










Oui, les femmes se sont faites avoir, tu as raison et pas qu’en Asie!
En Afrique, comme au Burkina, par exemple, ce sont elles aussi qui préparent à manger (sous-entendu, se lèvent à 4h du mat’ aussi pour piler et repiler le mil, puis le cuisiner), s’occupent des enfants, vont chercher l’eau au puits, ramènent le bois aussi, et l’après-midi, rebelote… Les hommes, eux, préparent et boivent le thé… Dur de ne pas juger quand même, y’a comme une arnaque, et les hommes le reconnaissent. Thomas Sankara, un des ex présidents du Burkina avait lancé LA journée de la femme où les hommes étaient invités à exécuter les tâches de leur épouse toute la journée pour leur faire prendre conscience de leur condition…
Conclusion : c’est pas gagné.
@ Marjorie: très intéressant! Les hommes le savent mais ce n’est pas eux qui changeront les choses (difficile quand c’est confortable). C’est pareil en Inde: le gouvernement a créé la journée de la fille/femme pour lutter contre la tendance générale à privilégier les bébés garçons. Pendant ce temps, un sondage indien révèle qu’une majorité d’indien trouve “normal” de battre les femmes, voire même “nécessaire” pour maintenir la cohésion au sein de la famille!