Il y a quelques jours, c’était Holî, aussi appelé la fête des couleurs, au Népal. Ce festival est célébré par les hindous (La majorité des Indiens et 80% des Népalais). Le principe est simple : c’est une journée où, pour célébrer le retour du printemps, les Népalais se lancent de l’eau et de la poudre de couleur.
Le matin du Holi, alors que je sortais de mon hôtel, le gérant m’a prévenue : Il vaut mieux ne pas sortir aujourd’hui. À l’extérieur, tous les commerces étaient fermés. Pour aller à la boulangerie, j’avais cinq minutes de marche à faire. J’ai réussi à me rendre sans problème, mais sur la route j’ai croisé pas mal de gens aux visages colorés par la poudre. « Il doit y avoir des règles, du genre : on ne s’en prend pas aux adultes qui n’ont pas l’air de jouer », ai-je pensé.
« Good luck » m’a dit la caissière au moment où je quittais la boulangerie. C’est à ce moment que j’ai commencé à douter de ma théorie des règles du jeu. À 100 mètres de mon hôtel, un ballon d’eau a soudainement explosé à mes pieds. Ce fut le cri de ralliement pour tous les garçons perchés sur les toits-terrasses des immeubles de la rue. Carrément, les ados balançaient des sceaux d’eau sur la tête des passants. Ma première réaction, honnêtement, a été de gueuler. « Si vous voulez jouer, descendez donc de votre toit, bande de lâches! »
De retour à mon hôtel, j’étais moyennement énervée et j’ai dit au gérant que ce festival était une coutume vraiment bizarre. Puis, je suis montée sur le toit et j’ai observé l’action qui se déroulait dans la rue. Et lorsque des touristes se sont fait arrosés, j’admets que je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire.
C’est à ce moment que j’ai réalisé que la fête se passait dans la rue et non sur le toit. Je suis donc partie en commando avec ma caméra enveloppée dans un sac plastique. Ça n’a pas pris deux minutes qu’un mec tout rose ressemblant a un barbe à papa géant a surgi de nul part et m’a foutu de la poudre orange plein la gueule. « Happy Holi! », a-t-il dit. Après quelques secondes d’hésitation, je me suis mise à rire. Ça m’a fait du bien comme lorsque j’étais gamine et que ma mère m’interdisait de me salir et qu’après la première tache, je me disais que tant qu’à être punie, j’allais en profiter jusqu’au bout.
En résumé, Holi, c’est un peu bizarre, mais c’est vraiment plus drôle quand on lâche prise. Petit bémol toutefois : la poudre n’est pas lancée, mais étalée sur le visage avec les mains. C’est un peu étrange de se faire toucher le visage par autant d’inconnus. Quand c’est fait avec respect, ça passe, mais quand certains garçons y vont violemment, c’est un peu agressant…
Enfin bref, voici la version indienne du Holi 2010 du Boston Globe (the Big picture)
et voici ma journée en photo :














Très drôle cette fête célébrée également un peu partout en Inde. Disons qu’elle rajoute des couleurs locales dans la grisaille du quotidien. Bravo pour votre blogue qui devrait en convaincre plusieurs des vertus du voyage spécialement en Inde où j’avais l’impression de parcourir une condensé de l’histoire de l’humanité .
On devrait importer cette fête. Elle éclairerait certaines journées si grises du Québec. …et y’a bien une couple de personnes que j’aimerais arroser.
Oublis ça Sylvie, avec autant de contact et tout, il y aurait tellement de plainte en Amérique du Nord, ça ne passerait pas! hihi Je suis pour un festival des couleur, mais me faire lancer un sceau d’eau dessus et avoir des mains d’inconnus dans face, pas certain que ça ferait l’unanimité
Mais j’irais bien au Népal pour vivre l’expérience!!!
@ Hermil LeBel : Merci, il parait d’ailleurs qu’en Inde c’est plus intense, voire violent selon ce qu’on m’a dit à Kathmandu. Je trouve que l’expression ‘parcourir une condensé de l’histoire de l’humanité’ est très juste. Merci de me lire!
@ Sylvie: bonne idée, je crois qu’il y a effectivement un petit côté libérateur dans le fait d’arroser les gens! Quand on est pas l’arrosé!
@ Evelyne: Dans le journal de Kathmandou des gens se plaignaient que la fête était trop violente et invitaient des Népalais à fêter plutôt les festivals Occidentaux jugés plus paisibles…comme quoi l’herbe est toujours plus verte ailleurs…