Je vous parle des moines bouddhistes qui sont omniprésents en Asie du Sud-est. J’ai commencé à en apercevoir au Népal, mais en Thaïlande, ils font partie intégrante du paysage.
Pour nous, Occidentaux vivant dans une société sécularisée, la vue de ces moines a quelque chose d’exotique. Une touriste me racontait qu’un moine lui avait récemment confié qu’il ne comprenait par pourquoi les falang (étranger en thaï) étaient tant intrigués par les moines. Même moi qui suis autant intéressée par la religion que par la macro biotique, j’ai succombé la Moine-Mania.
Pourquoi? Il y a d’abord le Dalaï-lama qui représente l’image du grand-père que l’on voudrait tous avoir. Que ce soit à cause de ses yeux pétillants ou de sa sagesse, disons-le franchement, le Dalaï-Lama est cool. Cela confère par extension à chaque moine bouddhiste une aura de coolitude.
Ensuite, d’un point de vue pratique ils font de belles photos. Leurs robes sont orange flash, rouges ou jaunes. Et sur le fond vert de la végétation thaï, ça rend super bien. Avoir deux ou trois petits moines devant un temple ou des ruines, ça pose tout de suite l’ambiance.
Autre raison pourquoi on aime les moines : on est fasciné par ces gens qui sacrifient leur vie normale pour vivre selon des préceptes religieux. Au Québec ou en France, des prêtres catholiques, bof. Mais des moines bouddhistes… wow! Pour nous qui avons jeté la religion aux orties, ce genre de dévotion nous intrigue et on fantasme sur le genre de vie qu’ils doivent mener : levé à 4 h du matin, méditation, manger un peu de riz bouillie, re-méditation, nourrir des animaux, manger du riz à la vapeur, méditation, sourire aux enfants, manger du riz bouillie à la vapeur et finalement s’endormir en priant pour la paix dans le monde.
Ce qui est légèrement exagéré, bien sûr. En Thaïlande, la tradition est de se faire moine pour trois mois, au moins une fois dans sa vie. La moitié des gens croisés dans la rue en tenue orange ne sont pas qu’amour et vertu.
Je me suis rendu compte de ma propension à idéaliser la vie de ses hommes de foi alors que je visitais les ruines de l’ancienne capitale du Siam, Sukhothai. Il y a là des vestiges de palais royaux et de temples. J’ai alors aperçu un moine qui quittait le site. Il s’est retourné vers le temple et a joint ses mains à son visage pour prier Bouddha.
J’ai observé la scène et j’en ai déduit que chaque moine devait systématiquement faire ce signe de prière, à la vue des temples pour marquer son respect. Je m’approchai de lui silencieusement pour ne pas troubler sa prière et dans cet instant de recueillement où l’on aurait presque pu voir la grâce divine toucher mon moine, j’ai réalisé que mon petit chauve pieux ne priait pas, mais se protégeait du vent pour allumer sa cigarette.






