En ouvrant les yeux ce matin, j’ai mis du temps à émerger. Où suis-je? Ah oui. Philippines. Quelle heure? 14 heures! Meeerde.
J’ai décidé d’aller aux Philippines, en dépit des alertes aux typhons. C’est un risque calculé puisqu’en arrivant à Clark, à deux heures au nord de Manille, j’ai aussitôt enchaîné avec un autre vol pour Cébu, dans les Visayas. La région n’est pas très touchée par les typhons. En général.
Et pourtant, aujourd’hui, si j’ai évité le typhon Quiel, je suis touchée de plein fouet par un autre nommé Red Horse.
Retour sur les dernières heures.
Beau blond et moi atterrissons à Cébu, deuxième ville des Philippines après Manille, à 10 heures du soir. On se rend ensuite au Kuku’s Nest Pension, vivement recommandé par le Lonely Planet. L’hôtel qui tient aussi un restaurant était décrit comme un lieu excentrique avec une bonne ambiance et des prix corrects pour la ville (près de 20 $ pour une chambre double avec clim).
Mais en arrivant à Kuku’s machin, je suis sous le choc. Qu’est-ce que c’est que ce crackhouse? On dirait une maison hantée ou abandonnée, ou les deux. Pas un endroit où dormir, en tout cas. Et justement, je veux dormir. J’ai quitté Kuching, à Bornéo, à 4 heures du matin, alors je suis dans un sale état.
Le Lonely Planet ne peut pas recommander ce trou, ce squat, cette maison de débauche! Première phase de découragement. Vraiment, je crois qu’on confond cachet avec délabrement aux Philippines.
« On prend la chambre, mais pour une nuit seulement», dis-je à contre-cœur en m’adressant à la femme à la réception.
Je me rends ensuite aux toilettes. À cet instant, le mot dégueu prend une nouvelle dimension. Deuxième phase de découragement.
Il ne me reste plus qu’à faire ce que tout voyageur fait dans un tel moment. Je sors l’appareil photo et prends quelques clichés. Deuxième réflexe de voyageur en détresse, on descend au resto et on commande une bière. Une grosse Red horse. À 1$.
« Un pays où la bière est si peu chère, ne peut pas être inintéressant », me dit beau blond.
La suite lui donna raison.
Un fœtus et quelques Red horse plus tard
Le restaurant est en fait un bar fréquenté par les Philippins aux lunettes à contours noirs et aux cheveux gras. Ça y est, je comprends. C’est un bar d’hipsters. Les graffitis ne sont pas du vandalisme mais de la déco trendy. La musique n’est pas mauvaise, elle est kitsh. Les meumbles ne sont pas laids, ils sont vintages. Et la table n’est pas sale, elle est…non elle est vraiment sale.
En demandant du feu à une jeune fille, on se fait inviter à sa table qu’elle partage avec une copine et un autre mec.
Mes nouvelles amies ont 23 ans. Une Infirmière et une psychologue. Elles célébrent le départ de la psy qui a trouvé un job à Manille. Elles sont drôles, parlent parfaitement anglais et ont une sacrée descente. Elles nous apprennent des expressions du coin (surtout des insultes, un classique) et nous expliquent un tas de trucs sur la culture philippine. Par exemple, avant de sortir avec un homme, ce dernier doit demander la permission aux parents de la jeune fille.
Ils nous font aussi fait découvrir des snacks typiques des Philippines. Des œufs durs et…des fœtus de canard.
Heu, pardon (ça sonnait plutôt WTF en anglais)? Alors que nous, Occidentaux, mangeons des cacahouètes ou du popcorn avec notre bière, ces jeunes s’envoient des fœtus (balut). J’accepte l’embryon, mais je me dégonfle à la dernière minute. Ce n’est pas que j’ai des remords à manger un bébé mort, mais plutôt que ça a vraiment l’air d’un vomi avec une tête et des veines.
On boit nos bières Filipino’s style. Cela consiste à commander une tournée pour tous, mais avec un seul verre. Le « gunner » rempli le verre de glaçons et d’un tiers de bière. Et chacun, à tour de rôle, vide le verre. Entre deux tournées, je déguste des sortes de chips de peau de porcs. Et c’est ainsi qu’à 4 heures du matin, je suis tombée sous le charme des Philippines, avant de m’endormir dans ma chambre toujours autant pourrie, mais ô combien agréable.
Ceci explique que ce matin, ou plutôt cet après-midi, j’ai un mal de tête énorme et que ma journée est foutue. De plus, j’ai dépassé l’heure du check-out. Je devrai donc dormir à nouveau dans mon crackhouse. J’ouvre alors mon LP question d’en apprendre un peu plus sur la ville où je me trouve. Dans la liste des meilleures choses à faire aux Philippines, je lis : faire la fête à Cébu.
Check.












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Quelle expérience géniale! Wow!
Monia: géniale, mais à répéter avec modération !
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