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L’indépendance du Québec et de l’Écosse

En 2014, Les Écossais tiendront un référendum sur leur avenir, à savoir s’ils souhaitent que l’Écosse devienne un pays indépendant.

En tant que Québécoise, le sujet est loin d’être banal. Je rappelle que le Québec s’est prononcé deux fois sur son avenir par référendum (1980, 1995). Le “non” l’a emporté. Mais de peu, s’empresse-t-on d’ajouter. En 1995, 49,42 % des Québécois ont voté “oui” et 50,58 % ont dit “non”.

Depuis, l’idée est en perte de vitesse. Mais je soupçonne plusieurs Québécois de regarder l’Écosse avec envie.

Fait intéressant, le Parti conservateur au pouvoir à Londres est impopulaire en Écosse, ce qui renforce l’idée de l’Indépendance. Le gouvernement conservateur au Canada, nouvellement majoritaire, pourrait produire le même effet au Québec.

Autre similitude: les richesses naturelles font en sorte que l’indépendance serait économiquement parlant envisageable. Il y a le pétrole de la mer du Nord en Écosse et l’hydro-électricité au Québec.

J’ai habité en Écosse pendant un peu moins d’un an, en 2004. À Édinburgh (ou Edimbourg en français), plus précisément. À l’époque, le nouveau parlement écossais était encore en construction, après avoir été (ré) établi en Écosse, en 1999. Le Scottish National Party gagnait du terrain. Il a ensuite été élu à la tête d’un gouvernement minoritaire en 2007, puis majoritaire en 2011.

J’avais entendu dire qu’il y avait une certaine connivence entre les Québécois et les Écossais du fait de notre situation politique comparable. Avant d’atterrir en Écosse, j’étais donc curieuse de constater cette situation.

J’ai été un peu déçue, mais c’est en partie de ma faute. D’abord, j’étais jeune et je travaillais dans des pubs et des auberges de jeunesse. Les Écossais que je fréquentais n’étaient pas tellement intéressés par la politique, mais plutôt par le rugby ou foot.

Le contexte politique m’apparaissait plus souvent par petite touche. Par exemple, dans le hall d’entrée du Museum of Scotland consacré à son histoire, on peut lire une inscription qui veut dire en substance que les Anglais ne seront jamais maîtres en Écosse. Au Québec, je ne sais pas si une telle inscription dans un musée ferait scandale.

Mais la phrase qui m’a le plus marqué, c’est celle de mon coloc Bryan, que ça copine appelait d’un ton aigu BRYYYYYYYYY! Un soir, Bry a suggéré de regarder le film Brave Heart.

Le film avait commencé depuis 5 minutes, quand Bry s’est tourné vers moi et m’a dit sur un ton des plus sérieux : «English people arrrre a bunch of winkers! It’s the same in Quebec, corrrrect?»

« Heu, je ne résumerais pas la situation politique québécoise de cette façon, Bry, tu vois à l’orgine René Lévesque … »

« Aye. But Mel Gibson’s scottish accent is shit. Hey Mel, stick yourrrrrr accent up yourrrr arrrrrse. Winker.»

Notre débat politique n’a pas été plus loin.

Et puis, il y avait des Écossais qui portaient parfois des T-Shirt où l’on pouvait lire : J’ai deux équipes de foot préférées : l’Écosse et n’importe qu’elle équipe qui joue contre l’Angleterre.

Mon expérience de la politique écossaise se résume presque uniquement à ça. Mais il faut dire que j’étais occupée à servir des pintes et accessoirement à comprendre leur accent et pourquoi ils mangent du haggis (panse de brebis farcie) et font frire des barres de chocolat Mars et des pizzas.

J’ai prévu retourner en Écosse en 2014, pour redécouvrir le pays 10 ans plus tard. Ce qui tombe très bien puisque le référendum aura lieu cette année-là. J’ai déjà hâte de retourner au Elephant House, au Tron Taverne où ça puait la Red Bull à plein nez les soirs de Vodka Red bull à 1 pound, de marcher sur Cockburn street et d’apercevoir Arthur’s seat.

Quant à savoir pourquoi ils mangent du Haggis, ça restera un mystère à jamais.

À lire sur le sujet : deux articles de Christian Rioux dans le Devoir
Les Écossais seront-ils indépendants avant les Québécois?
À quoi ressemblerait l’Écosse indépendante?